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Partis étudier à l'étranger malgré le Covid-19, ils ne regrettent rien

«Quand même une super expérience» : partis étudier à l’étranger malgré l'épidémie de Coronavirus, ils ne regrettent rien : 3 témoignages d'étudiants.

Malgré un confinement instauré peu de temps après son arrivée en République tchèque, Lofti a préféré rester sur place, où les règles sont moins strictes qu’en France. DR

Sébastien, Carla et Lotfi, trois étudiants qui se sont envolés en septembre témoignent de leur expérience. Malgré les quarantaines ou les cours à distance, si c’était à refaire, ils le referaient.

Par Yovan Simovic

« C'est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous », disait Erasme, ce moine voyageur et humaniste néerlandais qui a donné son nom au célèbre programme d'échange étudiant. Alors que le risque d'une deuxième vague planait sur l'Europe, Sébastien, Carla et Lotfi ont choisi de prendre le risque de partir en Erasmus au mois de septembre. Une folie, disaient certains!

Respectivement en 4e année d'architecture à Bruxelles, en Belgique, en ingénierie à l'ESME Paris et en 5e à Polytech Lyon (Rhône), ils s'accordent tous les trois pour dire qu'ils n'allaient pas laisser la pandémie de Covid-19 mettre à mal leurs parcours universitaires. Dernière année d'étude ou mémoire chronophage à écrire l'an prochain, c'était cette année ou rien.

Comme eux, 80 % des étudiants inscrits au programme Erasmus + sont quand même partis vers leur destination selon Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur. Parfois en sachant dès le départ qu'ils n'accéderont pas aux amphis. C'est le cas de Sébastien qui étudie désormais l'architecture à Barcelone, en Espagne. « A part la journée de présentation de l'université, tous les cours se sont déroulés en visioconférence. » Carla a dû passer par une quatorzaine à son arrivée à Riga, en Lettonie, mais sans aucune autre restriction au départ, le masque n'était même pas obligatoire.

«De toute façon la France était confinée»


Pour Lotfi, qui a opté pour un semestre en ingénierie à Ostrava, en Tchéquie, son début de séjour a été ponctué par des sorties, rencontres et expériences enrichissantes en tout genre. « Je me suis renseigné avant de partir, j'ai choisi la République tchèque, car c'était un des pays les moins touchés d'Europe. » Un mois après son arrivée, le Lyonnais déchante, le gouvernement annonce un confinement généralisé et 90 % des Français de sa promotion rentrent chez eux. « J'ai choisi de rester parce que je savais que de toute façon la France était confinée aussi et c'est moins strict ici. » Il est installé dans une résidence étudiante où l'esprit « auberge espagnole » ne faiblit pas. Pas de problème pour se retrouver les uns chez les autres et discuter autour d'un verre.

A Riga, Carla a aussi subi la fermeture des bars et boîtes de nuit en novembre, mais la plupart de ses cours ont été maintenus à l'université avec une possibilité de visioconférence. Contrairement à la France, « niveau culture et découverte du pays, on n'est pas mal, on peut faire des visites, les musées sont restés ouverts tout le temps », estime-t-elle.


Pour Sébastien, la routine « boulot dodo » barcelonaise n’est pas forcément facile à vivre./DR

Sébastien, quant à lui, parle d'une routine « boulot dodo » pas forcément facile à vivre. Ses cours, certes intéressants, lui demandent un gros investissement et ne lui auraient donc de toute façon laissé que peu de temps pour ses loisirs. Il regrette que le programme n'ait pas été adapté à la situation sanitaire alors que l'université aurait pu le prévoir après les déboires de mars. Il ajoute : « Je voyais aussi dans mon voyage une bonne occasion de pratiquer l'espagnol et l'anglais à travers des rencontres, mais les soirées sont interdites. La seule qui a eu lieu a été écourtée par la police catalane. »

Les trois étudiants ont appris à s'adapter au gré des annonces gouvernementales de leurs pays d'accueil. Et comme en France, l'avenir commence à s'éclaircir. Barcelone et Ostrava ont rouvert leurs bars/restaurants avec obligation de fermer à 20 heures pour le second. A Riga, la levée des restrictions devrait arriver d'ici quelques semaines.

«Une super expérience de vie»


Pour Lotfi, le mois de décembre sera son dernier sur place. Son semestre devait initialement se finir en février, mais sans possibilité de se projeter dans l'avenir, ses professeurs ont préféré avancer la date des examens. « C'était quand même une super expérience de vie, je crois avoir appris sur moi et je rentre sans regrets », explique-t-il.

Sébastien lui n'est qu'à la moitié du chemin. Engagé pour un an, il entamera son deuxième semestre avec l'espoir que la situation sanitaire lui permette de vivre pleinement son expérience internationale. Carla, qui finira son séjour en février, est catégorique : « Il faut y aller, même avec des restrictions, il faut y aller c'est sûr ».

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